Bonjour, ce texte est une petite fanfiction reprenant l'univers et les personnages d'un ami. Vous pourrez le retrouver ici :
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Zéphyr
ouvrit son carnet de cuir noir et en tapota les feuilles blanches,
aujourd'hui il comptait dessiner. Il était parti dès l'aube pour aérer
ses cauchemars et avait presque réussit à les semer en marchant dans la
montagne jusqu'à ce banc embrasser de lierre rampant. Il s'y installa et essaya de trouver une position appréciable pendant cinq minutes avant
d'abandonner. Le banc en réalité était plus une grosse brique de pierre
que un objet de confort.
Dans un premier temps, il se mit à regarder
l'azur et les nuages qui ne lui inspirèrent rien. Puis il observa la
vue, une forêt millénaire émeraude respirait lentement en dessous du
mont rocheux, son dos s'étendait à l'horizon. C'était beau, mais il ne
savait pas comment représenter cette force naturelle correctement.
Alors, le dragon regarda les mains et les jambes, son corps humains
imposés par le collier qu'il portait au cou. Il allait dessiner ses
mains. Une quinzaine de minutes plus tard, il posa son crayon et cacha
son visage. Rien de ce qu'il n'avait fait ne ressemblait de près ou de
loin à quoi que ce soit. Se détendre par le dessin était plus dur que
prévu. Qui l'eut cru ?
Avant d'abandonner, le petit roi se mit à
réfléchir à des visages qu'il pourrait coucher sur papier. Ses frères ?
Sa sœur ? Non. Il ne se voyait pas dessiner ses cadets, il ne se voyait
déjà pas leur parler, alors les gribouiller. Ce serait trop
embarrassant. Non, il allait se rabattre sur... Goliath. Une apparence
beaucoup plus familière pour lui.
Dans un premier temps, il commença à
imaginer son compagnon dans son ensemble. Si Zéphyr n'était pas bien
grand, un mètre cinquante plus ou moins, son ami lui était imposant. Il
avait les épaules larges et les bras emplis d'une force qui se voyait à
l’œil nu. Son visage en contraste, exprimait une grande douceur et un
optimisme débordant pour la vie et les gens.
Il commença ainsi à
dessiner un premier visage, puis un deuxième, aucun d'eux n'étaient très
bons alors il persévéra. Plusieurs heures passèrent avant qu'il ne soit
satisfait satisfait d'un portrait, et qu'il ne se rende compte que sa
nuque et son dos le faisaient souffrir. Il palpa le papier couvert de
son ami, et quelque chose se fraya un chemin dans son esprit et se fit
se serrer son cœur. Une révélation réprouvée tentait de s'envoler en
autant de papillons dans son ventre, qui finirent pas trouver un chemin à
travers les lèves closes. Ces dernières prononcèrent un seul mot, de
deux syllabes, un nom.
Dans une tentative inutile d'échapper à ce
qu'il venait de dire, Zéphyr cacha son visage et soupira longuement.
Son esprit fit mille péripéties pour y échapper mais n'y échappa pas. Il
se rendait bien compte, qu'un sentiment bien précis l'avait prit en
prononçant le nom de Goliath.
Il se leva en silence et se décida à
rentrer au camp, d'un geste il arracha l'anneau à son cou et ses ailes
battirent la poussière dans le sillage de son bond. En quelques
secondes, il avait reprit sa forme draconique et planait maintenant au
dessus de la forêt. Il se posa à une centaines de mètres du camp où ils
s'étaient installés et se retransforma. Il avait laissé une bonne
distance entre le camp et son lieu d’atterrissage pour prendre le temps
de se calmer.
D'accord, peut-être qu'il pensait des choses à
propos de Goliath parfois, mais c'était naturel après avoir fréquenté
quelqu'un pendant assez longtemps. C'était quelque chose qui venait
naturellement avec l'affection et l'amitié...
Non.
Non, ce
n'était pas vrai, non. Et cela lui mit le rouge au visage. De nouveau,
cette sensation chaude s'invita dans son ventre et sa poitrine, son cœur
s'affolait et des fourmis crépitaient au bout de ses doigts.
-Ah, Zéphyr ! s'écria Goliath en l'apercevant.
Ce
dernier faisait de grands signes à son ami en souriant. Il ne l'avait
pas vu depuis la nuit dernière avant de se coucher et même si il avait
bien lu la note de son compagnon, il s'inquiétait légèrement.
-Ah... ouais, je suis là.
-Tu vas bien ? Tu as l'air un peu... enfin...
-Moi ? Non ! Non, je vais bien.
Le
dragon se détourna de son ami chevalier et se mit à ranger ses
affaires. Pendant toute la conversation il avait eu beaucoup de peine à
réprimer son sourire et son envie de se laisser tomber sur Goliath.
C'était bien sûr, quelque chose que sa fierté ne lui permettrait jamais
de faire, mais il lui était tentant de prétendre trébucher pour que
Goliath le rattrape dans ses bras.
-Je vais très très bien même. Bon, on a encore de la route.
-Heu... oui, mais attends moi, s'il te plaît.
-C'est pas ma faute si tu traînes, quand même ?
Ce
jour là, Zéphyr ne tenta pas du tout de flirter avec Goliath, comme il
lui arrivait parfois, ou même de lui parler, et à chaque fois ses yeux
évitèrent ce visage qu'il connaissait pourtant parfaitement. Toute la
journée durant, le chevalier se demanda si il avait fait quelque chose
pour énerver son ami ou si il avait peut-être juste besoin d'être seul
un moment, tout en espérant très fort qu'il ne s'agissait que de la
seconde option. Il aimait beaucoup son compagnon et il lui arrivait de
plus en plus souvent de se sentir comme privé d'une partie de lui-même
quand Zéphyr n'était pas à ses côtés. Mais cette pensée, il ne
l'admettait qu'en rougissant et il ne la ressassait que quand il était
tout seul, ou dans sa couche lorsqu'il tentait de dormir. Il ne voulait
pas présumer des petites phrases où Zéphyr le séduisait ostensiblement.
Le
soir venu, Goliath eut des cauchemars et cette fois ce fut lui qui alla
se promener dans la nuit. La mission qu'on lui avait confié pesait
lourdement, mais depuis quelques temps il pensait peut-être pouvoir y
arriver grâce à l'aide de son ami.
En rentrant au camp, un bruit
attira son attention derrière-lui, il tourna la tête en arrière et ne
put pas voir Zéphyr qui venait de sa droite.
-Hey, Goliath qu'est-ce qui... aaaah.
Le
jeune roi venait de réellement trébucher sur une racine au sol et alors
qu'il s'apprêtait à se rattraper tout seul, Goliath se précipita pour
amortir sa chute. Zéphyr rencontra mollement, tête la première, la
chemise de son compagnon. Avec beaucoup de calcul, il se laissa aller à
prendre une bouffée de l'odeur douce de son ami et sentis la chaleur de
ses mains sur ses épaules.
-Tu vas bien ? demanda Goliath, rouge.
-Heu... oui ? Oui, merci de m'avoir rattraper, fit Zéphyr le visage de la même couleur.
Les
sensations avaient légèrement hébétés le dragon, qui était resté une
seconde ou deux l'esprit dans une brume de bien-être, avant qu'il ne se
remette à fonctionner normalement et que son cœur ne se remette à battre
très fort.
-Heu... Goliath... si tu sais, tu as des cauchemars
et que je peux faire quelque chose n'hésite pas à demander. Si tu le
souhaites vraiment, je veux bien faire ce qu'il faut, même si ça ne me
correspond pas. Par exemple, je pourrais dormir avec toi ? Je ne sais
pas. Si ça peut aider. Tu veux bien ?
Depuis le début, le visage
de Goliath était devenu un volcan d'émotions en éruptions et il venait
d'exploser encore plus sur ces paroles. Sans savoir quoi répondre il
bafouilla une explication avant de rentrer se coucher en courant.
-Je hjlbfljbdmdmd jxfkposhne.
Ce
n'est qu'après une nuit blanche, que son visage retrouva enfin sa
couleur normal. De même, Zéphyr ne dormit pas de la nuit et jeta parfois
un coup d’œil à son carnet de croquis tout en se roulant sur sa couche
et en se reprochant d'avoir proposé à Goliath de dormir avec lui. Il ne
savait pas exactement comment son ami l'avait vraiment prit, mais il ne
pouvait faire partir son immense gêne. Au final, il fallut presque toute
une semaine, pour qu'ils puissent de nouveau se parler en face sans
rougir.